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VW GOLF "PROTO"
85CV:
un avant goût de puissance |
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La VW-Golf sera-t-elle, non
pas la voiture de l'année, mais la voiture de la décennie ? Il n'est que
de circuler dans nos rues pour que cette réflexion s'impose. Mise en vente
au mois d'août 1974, la Golf a vite conquis le public belge. Sa ligne
trapue et ramassée alliée à la réputation de robustesse et de service
après-vente de VW l'ont .indiquée à la ferveur des foules comme la
véritable héritière de la Coccinelle. Et 'ses caractéristiques
principales, la traction avant, l'habitacle spacieux, le hayon arrière, 2
ou 4 portes au choix,
ont fait le reste. Après tout juste 6 mois d'existence commerciale, 6.229
VW Golf ont déjà été livrées en Belgique. Un chiffre stupéfiant si l'on
songe que la Coccinelle, naguère un best-seller en Belgique, n'a atteint
en 1973 qu'un peu moins de 11.000 unités sur toute l'année, tandis qu'en
74, elle disparaissait du hit-parade.
En 74, les deux modèles les plus vendus (sans tenir compte des différentes
cylindrées) ont été les Ford Taunus : 12.400 unités, et les Toyota Corolla
: 11.960 unités.
Si la Golf continue sur sa lancée, il est évident que pour sa première
année complète elle va, d'emblée, prendre place parmi les 3 modèles les
plus populaires de Belgique. Une performance que, même chez Volkswagen, on
n'espérait peut-être pas. En versions 50 ou 70 chevaux, la Golf court les
routes. On ne voit plus qu'elle.
Mais en version 85 chevaux ?...
Silence.
Il existe une version 85 chevaux ? (Petite voix.)
Non pas exactement. En tout cas, il n'en existe qu'un seul exemplaire, un
cocktail assez corsé qu'un directeur enthousiaste des Ets d'Ieteren s'est
fait préparer en coulisses. Des VW Golf plus puissantes, on en parle (ou
plutôt, ou en chuchote) depuis longtemps : depuis que la Golf a été
présentée. Selon la revue allemande Auto-Motor und Sport, il existe à
Wolfsburg des intentions de Golf à 110 ou 115 ch DIN !
En attendant cette intéressante débauche de chevaux-vapeur, un responsable
belge a voulu se donner un avant-goût de puissance en installant sous le
capot de la Golf un moteur d'Audi 80 GL choisi parmi les meilleurs à la
sortie de la chaîne. Le résultat est une LS rouge à bandes noires montée
sur des jantes d'Audi 80 GT en alliage et des pneus Goodyear 175-13 série
70. Rien d'autre ne la distingue extérieurement, sinon l'essuie-glace de
lunette arrière (déjà réclamé à l'époque de notre essai géant, dans
Sportmoteur n° 406), qui est désormais disponible pour toutes les Golf,
en option.
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Volant style Scirocco ou Audi 80
GT, mais le tableau de bord reste celui de la Golf LS. |
Ces Jantes alu
sont déjà disponibles
pour la Golf et
pour d'autres modèles,
dont les Audi 80. |
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les sièges baquets Recaro
assurent un maintien parfait, nécessaire aux vitesses que la Golf
peut atteindre en virages. |
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A l'intérieur,
par contre, de beaux sièges baquets Recaro avec appuie- tête ont
pris place. Le volant « sport » à trois branches ajourées tombe
bien sous la main. Le tableau de bord est souligné d'une petite
tablette à compartiments, pratique pour ranger un étui à lunettes,
par exemple. Les instruments de contrôle sont ceux de la Golf LS
70 ch, et il n'y manque qu'un compte-tours et, peut-être, un
manomètre de pression d'huile.
Quant aux détails, une installation stéréo complète l'aspect
luxueux du modèle. Les ceintures de sécurité deux points
s'enroulent automatiquement entre les sièges avant et se bouclent
au moyen d'agrafes fixées au montant de la portière (entendez sur
la portière, et non au montant du pavillon, derrière la portière).
Cette ceinture est du modèle prévu pour les Volkswagen aux USA, et
elle sera offerte en option pour la Belgique dans le courant de
l'été.
Tous ces accessoires (à l'exception du moteur !) devraient
d'ailleurs être disponibles d'ici un certain temps, ce qui
intéressera sans doute nombre de propriétaires désireux de
parfaire l'équipement de leur voiture.
Sur la route
Outre la perspective du plaisir qui découle de cet accroissement
de puissance de plus de quinze chevaux, l'opération « proto 85 »
sert un autre but : démontrer que la base de la Golf peut
s'accommoder en toute quiétude d'un moteur plus gros, ce dont
personne n'a jamais douté. Contact, démarreur, c'est parti.
Au contraire de beaucoup de tractions, même sportives, le volant
de la Golf est très vertical. Ceci permet de reculer le siège
baquet à la distance voulue pour une conduite confortable.
Une fois bien calé, le jeu commence. D'abord, les accélérations
surprennent. La LS 70 chevaux atteignait un temps de 13" au 0-100,
ce qui était très honnête, la version ± 88 ch descend à 11,5
secondes.
Quoique le moteur ne nous ait pas paru parfaitement réglé, la
vivacité de l'engin encourage vite le conducteur à visiter les
petites routes sinueuses et dégagées, et là, c'est un régal. Il ne
s'agit pas tant des chevaux que du potentiel de la Golf qu'ils
mettent en évidence.
Bien campée sur ses larges pneus, la petite bête stupéfie par la
manière dont elle s'accroche des quatre roues tout au long des
courbes. Les roues donnent réellement l'impression de mordre le
sol. La caisse prend très peu de roulis, grâce aux amortisseurs
plus durs, type Scirocco, et le siège baquet maintient le pilote
parfaitement à sa place, de sorte qu'il ne doit pas se cramponner
et peut concentrer ses efforts sur les pédales et le volant.
Un seul regret : celui de ne pas disposer d'un appareil pour
mesurer l'accélération latérale, car la Golf proto accepte
apparemment des pressions remarquables. La limite ? Celle-ci est
réellement très, très loin, et à part les courbes de faible rayon
où la Golf devient légèrement sous vireuse (ce qui se corrige
automatiquement du volant, voire de l'accélérateur si vraiment
vous êtes entré dans cette épingle comme un taré), nous n'avons
pas expérimenté les vraies limites de la tenue de router de
l'auto.
Pour ce faire, la prudence et le bon sens auraient voulu que nous
allions à Nivelles, mais les dures réalités de la parution
hebdomadaire nous en ont empêché.
L'équilibre train ayant -train arrière est une chose. L'aisance
avec laquelle le train avant accepte le surcroît de puissance en
est une autre. La direction reste en toutes circonstances légère
et précise, et elle n'enregistre jamais les vives réactions dues
au couple moteur, qui sont le lot de tant de tractions.
Quant à l'adhérence, elle est incritiquable, même au démarrage,
aux passages de crêtes, ou à l'accélération en virage, à moins de
vraiment libérer sans précaution aucune tout le potentiel du
moteur.
Cet essai hors série était une occasion de tester à nouveau les
freins de la Golf LS, qui ont parfois été critiqués'
Ceux du proto n'ont pas été modifiés, et le poids de l'engin est
resté pratiquement identique, de sorte que cette vérification vaut
pour les Golf 1500 normales. L'action du servo, c'est vrai, marque
parfois un certain retard par rapport à la pression à la pédale,
mais c'est plus une question d'habitude qu'un réel inconvénient.
Quant à la puissance, sans appeler les superlatifs, elle s'avère
plus que convenable; tout au plus faut-il pousser vigoureusement
pour obtenir la décélération maxi, ce que la voiture admet
volontiers tant l'adhérence des pneus série 70 est bonne. Côté
endurance, un essai intensif n'a révélé aucune faiblesse. Conduire
la Golf 85 ch à vive allure sur petites routes sinueuses est un
vrai régal. Sa, maniabilité, son aisance dans les enchaînements de
virages sont encore complétées par la précision et la douceur de
la boîte de vitesses.
Reste maintenant à souhaiter que l'expérience puisse convaincre le
successeur de Rudolf Leiding de donner le feu vert à une petite
série de Golf GT de 100, voire 110 ch DIN. Je parie qu'à ce moment
le golf, traditionnellement un sport réservé à un petit nombre,
fera des adeptes !
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88-85 ch din...à quand le mur des
100 ? |
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