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VW Golf groupe 2
Thérier
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Un but
dans la préparation : la neige
Le principal trait
d'originalité de cette Golf groupe 2 réside dans son système
d'injection Zenith. Pour le Monte Carlo, un accord financier liait
d'ailleurs Michel Cresson, le préparateur de la « caisse », et
Zenith. Equipé de cette alimentation, le moteur développe 162 ch,
c'est-à-dire 100 chevaux au litre. L'ensemble du moteur a été
préparé selon des normes traditionnelles en groupe 2 : travail de la
culasse, rapport volumétrique augmenté, soupapes spéciales,
ressorts, pistons forgés, allègement du « bas » etc... A noter que
la culasse ne provient pas de la Golf GTI mais de la Golf « S ». A
la première, plate (les chambres de combustion sont dans les
pistons), a été préférée la seconde, à petites chambres de
combustion, solution couramment pratiquée dans la préparation des
GTI groupe 1 avant que la fiche d'homologation n'ait restreint ce
type d'astuce, par contre légale en groupe 2. Le moteur est accouplé
à une boîte à quatre rapports spéciaux.
La démultiplication finale
avait été réduite pour notre essai car celui-ci se déroulait peu
après la Ronde de Serre-Chevalier où la Golf Zenith était pilotée
par Jean-Pierre Nicolas. Le travail de la partie châssis est lui
aussi important. La caisse a été renforcée. Entièrement ressoudée,
elle est en outre rigidifiée par l'arceau cage (Matter) ultra-léger
en alu, fixé même aux montants de portes. A l'avant, une traverse
relie les deux points d'ancrage supérieurs de la McPherson et une
autre, les deux points inférieurs. La caisse est donc rigidifiée et
solidifiée, deux conditions indispensables pour utiliser le
potentiel de puissance et absorber les nouvelles contraintes sans
ennuis. Au niveau des suspensions. les solutions adoptées sont assez
sages. Il faut dire que le but visé était essentiellement la neige.
La garde-au-sol est relativement élevée et les débattements sont
souples car les appuis sont moins importants sur la neige que sur le
goudron. La McPherson avant ne possède pas le réglage d'assiette que
l'on rencontre sur les voitures de circuit, les ressorts sont ceux
de série mais les amortisseurs sont, bien entendu, spéciaux (Bilstein).
Il est bien évident que pour des rallyes sur asphalte, cette
suspension devrait être modifiée, abaissée et durcie notamment (les
réglages de géométrie seraient eux aussi différents).
A l'avant, les jantes et
leurs pneumatiques sont plus larges qu'à l'arrière. On sait que, sur
la neige, les voitures ont un comportement naturel sous-vireur (à
plus forte raison une traction) qu'il faut combattre par des
artifices mécaniques ou de pilotage. Nous verrons les seconds plus
loin. Pour les premiers, il est donc nécessaire de limiter
l'adhérence des roues arrière par rapport à celle des roues avant
(motrices) pour augmenter la maniabilité. Dans le même esprit, le
freinage sur les roues arrière est augmenté par rapport à la normale
afin que la voiture puisse être "placée" (balancée) plus facilement
par le pilote, nous y reviendrons. Soulignons enfin la présence d'un
répartiteur de freinage accessible par le pilote et placé en
arrière, et au milieu, des deux sièges.
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Moteur : 15,5 mkg dès 3500 t/min
Le premier élément que l'on juge lors d'un tel essai est le groupe
propulseur. Durant la prise en main de la Golf sur la neige, on a
tout loisir d'observer son caractère. Ce moteur groupe 2 se
distingue d'abord par sa souplesse. Il accepte de repartir à bas
régime et l'accélération se manifeste rapidement. Il y a 15,5 mkg à
3 500 t/mn. Cette souplesse explique d'ailleurs le chiffre
(relativement) modeste de puissance, 160 ch, car il est possible de
tirer près de 180 chevaux mais, bien sûr, au détriment
de la plage d'utilisation. A haut régime aussi, le moteur de cette
Golf est agréable. Il délivre alors toute sa puissance et manifeste
sa vitalité. Pourtant, nous regrettons de n'avoir pu le tester sur
le goudron car, sur la neige, on a toujours l'impression de disposer
de beaucoup de puissance. La transmission est bien adaptée, les
rapports de boîte sont suffisamment rapprochés et le rapport de pont
était relativement bien adapté à Serre-Chevalier. A ce niveau, on
regrette tout de même l'absence d'une boîte 5.
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Conduire une traction
sur la neige : toute une technique.
Pour
conduire une telle Golf sur la neige et la glace, il est presque
indispensable de pratiquer le freinage du pied gauche. Essayons donc
de décomposer un passage en virage. Et, voyons d'abord la zone de
freinage qui précède ce virage. En fait, sur la neige, le freinage
s'effectue au moins autant grâce à la pédale du milieu que grâce au
travers de la voiture. En outre, il faut si possible, présenter la
voiture en « appel », c'est à dire avec l'arrière déboité dans le
sens inverse du virage. Expliquons-nous : à l'entrée d'un virage à
droite, l'arrière doit être déboité à droite. Pour parvenir à ce
résultat, c'est très facile... si ce virage à droite en question est
précédé d'un gauche. Vous sortez alors contrebraqué et vous restez
facilement dans cette position pour le freinage. Si le freinage
s'effectue en bout de ligne droite ou à la sortie d'un premier
droit, vous devez vous débrouiller avec le volant pour placer la
voiture dans cette position favorable. Nous voilà donc à l'entrée du
virage, arrière déboité vers l'intérieur. Il faut alors tout «
balancer ». L'arrière décrit donc un large mouvement qui termine de
freiner la voiture et permet de la placer. Avec une propulsion, il
faudrait déjà commencer à contrebraquer en ré accélérant. Ce n'est
pas le cas avec une traction telle que la Golf. Il faut accélérer à
fond sans contre‑braquer. Au contraire, c'est là qu'intervient le
pied gauche. Alors que le droit enfonce l'accélérateur, le gauche
effleure la pédale de frein ce qui a pour effet de garder l'arrière
déboîté. Sans cette manœuvre du pied gauche, la Golf reprend vite sa
trajectoire et l'opération se termine en sous virage, un sous virage
qu'il faut éviter à tout prix. L'important est finalement de ne pas
contrebraquer lorsque la Golf est en travers, à moins vraiment
qu'elle le soit vraiment trop. Ce qui n'arrange rien, c'est qu'il
faut en pratique anticiper toutes les manœuvres par rapport à une
propulsion. Il faut braquer plus tôt, il faut aussi ramener le
volant plus tôt.
S'il faut absolument
contrebraquer et ensuite débraquer, il est indispensable de réaliser
également ces dernières manœuvres avec anticipation. Même si la
conduite de la Golf n'est pas aussi enivrante que celle d'une
propulsion, on s'amuse néanmoins beaucoup et on est surpris d'une
telle efficacité. Elle est facile à contrôler en grande courbe (là
seulement le freinage du pied gauche n'est pas aussi indispensable
qu'en épingle), elle est maniable et agile en virage lent et son
conducteur la rattrape toujours facilement dans les positions les
plus scabreuses. La motricité est bonne grâce à l'autobloquant, même
si la « traction » pourrait être encore meilleure sur la neige. Le
principal défaut vient de la direction. D'abord, l'autobloquant lui
impose de nombreuses réactions mais celles-ci sont sans doute moins
fortes sur ta neige que sur le goudron et moins fortes que sur une
autre voiture, nous avons déjà pu le constater au volant de
plusieurs Golf en circuit. Le gros défaut c'est la démultiplication
trop importante de la direction. En effet, on a toujours tendance à
décrire de trop amples mouvements au volant d'une traction.
D'autre part, nous avons vu qu'il fallait
anticiper les manœuvres. Alors, satisfaire à toutes ces conditions,
avec une direction aussi démultipliée, relève de l'exploit. Et
nombreuses furent les occasions où nous ne savions plus du tout de
combien et dans quel sens étaient braquées nos roues. La conduite
d'une traction sur la neige est donc bien moins naturelle que celle
d'une propulsion.
Au volant d'une Golf comme
celle Michel Cresson, la conduite est néanmoins un plaisir car elle
est efficace. A la direction près, la communication entre conducteur
et voiture est logique et franche.
La golf groupe 2 de Michel Cresson est donc
bien adaptée à la neige. Même s'il faut saluer la performance de
Jean-Luc Thérier qui a certainement dû se battre avec le volant,
soulignons l'homogénéité de sa monture. L'excellente tenue de route,
efficace et assortie d'une bonne motricité, permet d'exploiter les
possibilités d'un moteur défini de manière très intelligente. Cette
injection lui permet de disposer de puissance dès les bas régimes.
Avec quelques adaptations, cette même Golf devrait être aussi
redoutable sur l'asphalte.
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CARACTERISTIQUE
TECHNIQUE VW GOLF GROUPE THERIER MONTE-CARLO : |
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MOTEUR :
Emplacement : AV
—
Disposition : transversal
Type
: à 4 temps, 4 cylindres en ligne
Refroidissement : par eau
Matériaux :
Bloc
: en fonte
Culasse : en alliage léger (type Golf « S »
avec petites chambres de combustion et non « plate » comme celle de
la GTI). Admission et échappement du même côté (en arrière).
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Vilebrequin : à 5 paliers (retravaillé)
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Pistons : spéciaux, forgés, « Mahle »
Distribution : par simple arbre à cames spécial en tête entraîné par
courroie crantée.
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Alimentation : par injection compétition « Zenith-Pierburg »
(groupe 2 Coppier injection de série Zenith « DL », avec arbres à
cames adapté).
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Cylindrée : 1 596 cm3 (origine, cf groupe 2 Coppier : 1 588
cm3)
—
Alésage : 79,689 (origine, cf groupe 2 Coppier : 79,50 mm)
Course : 80 mm
—
Cylindrée unitaire : 399 cm3 (origine, cf groupe 2 Coppier :
397 cm3)
Rapport volumétrique : 11,5 à 1 (groupe 2 Coppier : 9,8 à 1)
Puissance maxi : 162 ch à 7 500 t/mn (groupe 2 Coppier : 136
ch à 6 800 t/mn)
Couple maxi : 18,1 mkg à 6 000 t/mn (15,5 mkg à 3 500 t/mn).
Groupe 2 Coppier : 16,2 mkg à 5 200 t/mn.
Régime maxi : 7 500/8 000 t/mn.
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Puissance au litre : 101,50 ch/1 (groupe 2 Coppier: 85,64 ch/
I)
—
Vitesse linéaire moyenne de piston au régime de puissance maxi :
20 m/s à 7 500 t/mn (groupe 2 Coppier : 18,13 m/s à 6 800 t/ mn)

TRANSMISSION
Mode
: aux roues AV
Boîtes de vitesses : à 4 rapports rapprochés spéciaux (homologués)
synchronisés + marche AR
Différentiel : autobloquant
Embrayage : spécial, « Sachs »
CHASSIS
Type : caisse
autoportante en acier, entièrement renforcée par soudures et
allégée. Traverses supérieure (reliant les deux points d'ancrage de
la McPherson) et inférieure supplémentaires et renforts en « Y »
dans les passages de roues AV. Arceau cage en alu « Matter » (fixé
également aux montants de portes)
Carrosserie : berline, 3 portes, 2
places
Suspensions :
AV : à roues
indépendantes par McPherson (triangles inférieurs), barre
antiroulis. Ressorts hélicoïdaux de série (pour la neige seulement).
Amortisseurs spéciaux « Bilstein ».
AR :
à essieu rigide, bras longitudinaux, barre antiroulis. Ressorts
hélicoïdaux spéciaux (pour la neige seulement). Amortisseurs
spéciaux « Bilstein ».
Direction :
Type
: à crémaillère
Diamètre de braquage : 10,3 m
Nombre de tours de volant de butée à butée : 3 3/4
Freins : disques ventilés AV
- tambours AT. Servo
Dimensions :
Empattement : 2 400 m m
Longueur : 3 75C mm
Largeur : 1 550 mm
Jantes : 5"5 x 13 AV et 4"5 x 13 AR pour la neige (7 x 13 pour
l'asphalte)
Pneumatiques : 165 x 13 AV (Michelin retaillés à gomme dure « GF 4 »
et 135 x 13 AR (gomme plus tendre « GF 7 ». Pour l'asphalte :
16/53 x 13
Poids : 775 kg
Rapport poids/puissance : 4,78 kg/ch
(groupe 2 Coppier : 5,70 kg/ch)
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